Comment prendre le pouvoir ?

Ce texte a pour objectif de clarifier les questions liées à la stratégie. La première partie décrit les quatre phases de développement d’une organisation politique. C’est tout simplement l'application à la politique d'un principe de base du management : la nécessité d'une planification dès qu'on entreprend une tâche d'une certaine ampleur. Les deux parties suivantes définissent certains concepts. La quatrième partie définit à proprement parler la stratégie.
Si cette stratégie est mise en œuvre d’une manière volontariste, les légitimistes peuvent atteindre la notoriété actuelle du FN en cinq ans.

1.    Les quatre phases du développement d’un parti

Le découpage en quatre phases décrit ci-dessous s’appuie sur trois axiomes :
  1. Les républicains ont instauré un système électoral tel qu’ils soient assurés de ne jamais être chassés du pouvoir.
  2. Une règle élémentaire du management dit que tout projet doit faire l’objet d’une planification.
  3. La démarche de prise de pouvoir peut s’assimiler au processus de la corrida : il faut infliger à l’adversaire une série de coups qui l’affaiblissent, pour lui asséner ensuite le coup mortel.

Phase 1, l'objectif stratégique correspondant est l'appareil lui-même. C'est-à-dire qu'il s'agit ici de privilégier, dans le choix des opérations et dans l'agencement de leurs modalités, tout ce qui tend à renforcer l'appareil. Recruter, intégrer, et former des futurs cadres ; organiser ce recrutement, cette intégration et cette formation à partir des cadres déjà présents (car nous ne partons pas de rien) : telles sont et doivent être les tâches prioritaires de cette phase.
La formation, qui est la tâche essentielle à laquelle doit se consacrer l’organisation dans cette phase, doit pouvoir être mesurée. Pour cela, il est nécessaire de se fixer des objectifs. On pourra dire qu’un cadre est formé s’il satisfait trois conditions :
1.      Avoir une formation politique minimale (à préciser) ;
2.      Maîtriser les deux concepts de propagande et d’agitation (voir plus loin), et savoir les mettre en œuvre ;
3.      Avoir assimilé la définition des quatre phases de développement du parti et savoir dans laquelle celui-ci se trouve.
Phase 2, l'objectif stratégique devient la prise de pouvoir. Cette phase consiste à identifier des choix stratégiques qui devront porter, entre autres, sur les lieux d'implantation sociale, institutionnel, idéologique, etc...
Précisons encore que nous ne devons pas viser n'importe quel pouvoir pour lui-même, ou parce qu'il correspond à un milieu qui est proche de nous, mais seulement les pouvoirs utiles à la réalisation de notre projet.
Il s’agit donc, en résumé, d’identifier les secteurs prioritaires de pénétration de la société.
Phase 3, Cette phase consacre l'entrée du mouvement dans la politique effective au sens habituel du terme. Il s'agit de se situer en proposant à l'opinion publique des solutions pour la France. Tactiquement, il peut être utile de jouer la carte électorale, cela dépend beaucoup des circonstances. Notons bien que l'électoralisme n'est qu'une des modalités possibles de cette phase, soit pour obtenir des positions politiques, soit à des fins d'agitation selon le déroulement de notre stratégie.
Au niveau du mouvement militant, nous commençons des manœuvres proprement politiques et exerçons une action effective sur le pouvoir et la société. Ce travail s'accompagne d'un « spectacle », d'une image de marque qui peut à ce moment-là devenir l'objet essentiel de la lutte idéologique. Cette phase implique que le mouvement s'insère, idéologiquement et politiquement, dans la problématique dominante à la fois des médias et du pays légal (les problèmes politiques majeurs d'une certaine période) et montre sa capacité idéologique et politique de proposer des solutions.
Nous pouvons alors lancer dans l'opinion publique l'homme qui porte toutes nos espérances, celui qui constitue éventuellement un recours dans la crise future, c’est-à-dire Louis XX.
Parallèlement, la phase 3 a comme objectif stratégique la conquête des abords du pouvoir. Ce qui implique une double action externe et interne. D'une part, peser de l'extérieur sur le pouvoir et le pays légal par des actions pouvant revêtir aussi bien l'aspect d'une force de proposition ou d'une force de rupture, de menace. D'autre part, s'infiltrer dans les appareils d'Etat et placer aux bons endroits des agents, « sous-marins » ou non. Le travail de noyautage des appareils d'Etat est une entreprise à moyen et long terme ; il doit se préparer des le début de la formation de l'appareil ne serait-ce qu'en dirigeant déjà des militants capables vers les filières utiles.
Phase 4, c'est la phase du coup d'Etat et de sa préparation directe. Rappelons que le concept de coup d’Etat comporte un volet politique – notamment choisir le bon moment – et un volet technique, comme le démontre très bien Malaparte (« Technique du coup d’Etat », Grasset, 2011).

2.    Propagande et agitation

Clausewitz distingue la politique, la stratégie et la tactique. La politique définit l’objectif final tandis que la stratégie définit les objectifs intermédiaires. Par conséquent la politique concerne le projet de société visé. La diffusion de cette politique s’appelle la propagande. Ne pas faire de propagande revient à cacher le but final, à l’instar de ce que font les sectes.
La propagande consiste à diffuser globalement l’ensemble des idées portées par un parti politique relativement au projet de société que celui-ci propose. Il s’agit donc d’un long discours, recevable et compréhensible par un public restreint.
L’agitation consiste à diffuser un message très court – quelques mots - souvent formulé à travers un slogan ou un mot d’ordre (tel que, par exemple « école libre », « non à l’avortement » ou encore « Moratoire de la dette publique », etc.) illustrant tel ou tel aspect de la mise en œuvre du projet de société considéré, ou allant dans le sens de cette mise en œuvre. L’intérêt de l’agitation réside dans la possibilité de mobiliser de larges masses du fait que l’objectif est limité. Son objectif est évidemment de porter des coups qui affaiblissent l’adversaire.
Le point de départ de l’agitation est de décider que l’organisation contre-révolutionnaire doit s’engager dans les combats que mène le peuple dans les organisations qu’il se donne. C’est bien dans la tradition des rois de France, qui ont eu bien souvent à défendre le peuple contre les féodalités. En pratique, cela signifie que tout militant de l’organisation contre-révolutionnaire doit obligatoirement adhérer à une organisation de masse. Bien entendu des précautions doivent être prises, en particulier celle de ne pas y pénétrer drapeau déployé. C’est le meilleur moyen de mettre en œuvre le principe du levier. Archimède disait : « donnez-moi un levier et je soulèverai le monde ». Il en va de même en politique.
Exemples d’organisations de masse : les grandes organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CGC), les syndicats enseignants, les associations de parents d’élèves, la Manif pour tous (LMPT), les comités « Jour de Colère », un comité antimondialiste à créer, etc. Liste non limitative à distinguer des partis politiques, qui sont au niveau de conscience N°3 (voir plus loin).
Il ne faut pas confondre la propagande nécessaire – la restauration de la royauté - avec une agitation en faveur d’un changement à l’intérieur de la logique républicaine. Exemples : « sortie de l’euro », « sortie de l’OTAN ». Cette agitation peut être justifiée, mais elle reste de l’agitation et ce n’est pas de la propagande.
Certains qualifient d’entrisme l’engagement dans un syndicat, la CGT par exemple. Cela n’a rien à voir. Le concept d’entrisme concerne exclusivement la stratégie qui consiste à envoyer ses militants dans une organisation politique concurrente, avec l’objectif de réorienter celle-ci vers notre ligne politique ou, tout simplement, pousser les adhérents de cette organisation à la quitter pour nous rejoindre. Au contraire, entrer dans un syndicat est la conséquence logique du fait que nous considérons que, idéalement, tout salarié doit être syndiqué. D’ailleurs la juste défense des travailleurs voudrait qu’il n’y ait qu’un seul syndicat et non pas trois, ou davantage. Le principe de subsidiarité conduit au fait que la structure nationale devrait être un cartel d’organisations (voir définition plus loin) et non une direction centralisée.
Bien sûr, nous savons que les grandes organisations syndicales sont manipulées par nos ennemis. Ce n’est pas une raison pour ne pas y être. Les rejeter conduirait à se faire taxer de suppôt du régime par les syndicalistes, et même par des salariés non syndiqués. Le principe de solidarité nous oblige au contraire à y adhérer, puis à organiser le combat interne pour sortir ces organisations de la compromission dans laquelle elles se trouvent.
Il est nécessaire de combiner ces deux types d’actions  - propagande et agitation - l’une épaulant l’autre. En effet, si un parti politique ne fait que de la propagande, il ne réussit à convaincre que peu de monde, car la démarche fait essentiellement appel au raisonnement, ce qui nécessite un certain niveau de culture. Si au contraire un parti politique ne fait que de l’agitation, il subira la concurrence d’autres partis, qui développeront une agitation semblable et le projet de société sera perdu de vue.
De plus, en tout être humain, le processus d’adhésion à une nouvelle idée est en partie rationnel et en partie  affectif, les proportions étant évidemment très différentes selon le niveau culturel de la personne considérée. C’est pourquoi la complémentarité entre propagande et agitation est nécessaire.
La stratégie consiste à adapter son discours à chaque niveau de conscience. C’est ce qu’on appelle combiner propagande et agitation. On dit aussi : pratiquer l’agit-prop. Tout parti politique responsable doit avoir une stratégie définie, donc une manière particulière de s’adresser aux différents niveaux de conscience.

3.    Trois niveaux de conscience

Tout militant qui s’implique dans le combat politique comprend vite qu’il est sans cesse confronté à la difficulté de changer les esprits. Il est donc intéressant, et utile, d’essayer de faire une classification des niveaux de conscience, car ainsi on sait à qui on s’adresse et la façon de faire progresser son esprit apparaît plus clairement.
Il faut tenir compte de la psychologie humaine. L’erreur souvent commise consiste à diffuser inlassablement un vaste programme que seul un petit nombre de personnes peut s’approprier. Il faut au contraire adapter ses messages aux différents niveaux de conscience. Il est commode d’en distinguer trois.
Le premier niveau de conscience est celui des personnes qui comprennent qu’une lutte collective est nécessaire pour obtenir de meilleures conditions d’existence, ce qui les conduit à adhérer à une organisation de masse, un syndicat ou une association de parents d’élèves par exemple.
Le deuxième niveau de conscience est celui des personnes qui veulent se battre pour un objectif politique déterminé, tel le Mouvement pour les Droits Civiques du pasteur Martin Luther King aux USA dans les années 50, le Conseil National de la Résistance sous l’occupation allemande ou la « Manif pour tous » aujourd’hui. La traduction organisationnelle de ce deuxième niveau de conscience est le « cartel d’organisations », qui regroupe des organisations et des hommes d’horizons et d’options différents, d’accord sur l’objectif visé.
Enfin, le troisième niveau de conscience correspond à des personnes qui s’engagent dans un parti politique, c’est-à-dire une organisation porteuse d’un projet de société déterminé, ou qui sont des sympathisants de celui-ci.
A chacun des deux premiers niveaux de conscience, il faut présenter des slogans, c’est-à-dire des mots d’ordre répondant à trois caractéristiques : répondre à un problème précis (par exemple l’instauration de « l’école libre »), être compréhensible par un large public et s’exprimer sous forme binaire, c’est-à-dire qu’on ne peut y répondre que par oui ou non. C’est ce qu’on appelle « l’agitation ». Bien entendu, les légitimistes veilleront à proposer des slogans conformes à leur objectif politique global.

4.    Notre stratégie

Pour définir une stratégie, nous avons besoin de poser des hypothèses quant à la manière dont se produira la chute du pouvoir et l’avènement de la royauté. Nous savons déjà que ce changement ne se produira pas par la voie électorale.
Nous savons par ailleurs que la république se trouve, à chaque fois que se produit une crise grave, dans une situation de vacance de pouvoir. C’est ce qui s’est passé en 1940, en 1958 et en 1968 en France. En 1958 notamment, De Gaulle est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, sans effusion de sang. C’est un tel scénario que nous prenons comme hypothèse de travail.
Si De Gaulle a pu faire son coup d’Etat en 1958, c’est parce que deux conditions étaient réunies :
un large consensus populaire pour reconnaître en De Gaulle (à tort ou à raison) celui qui a sauvé la France en 1940 ; par conséquent une confiance dans l’alternative qu’un tel homme peut proposer.
un parti politique, le RPF, qui préparait depuis douze ans le changement et qui a été en mesure de prendre les mesures nécessaires en coulisse pour que « l’accouchement » se fit.Comme on sait, le coup d’Etat se fit pacifiquement, à tel point que seuls les historiens savent qu’il s’agissait d’un coup d’Etat. Certes, le point de départ de la vacance du pouvoir était un coup de force, qui s’est produit à Alger.
Un large consensus populaire ne peut être obtenu si le parti est coupé du peuple. Compte tenu de l’influence des idéologies socialiste et communiste pendant tout le vingtième siècle, une condition nécessaire de la victoire est de démontrer, par le verbe et par l’action, que nous savons mieux défendre le peuple que ne prétendent le faire les partis mondialistes, qu’ils soient de droite ou de gauche.
Nos axes prioritaires sont au nombre de quatre : l’entreprise, l’école, la famille et le mondialisme. Nous les présentons par ordre décroissant de nos capacités à changer la réalité actuelle.
Dans chacun de ces quatre axes, il faudra investir les organisations de masse adéquates. Mais si on laisse un militant ou un sympathisant seul alors que le contexte est hostile, il risque soit de se faire absorber, soit de se décourager et de quitter la structure. C’est pourquoi le parti doit organiser, sur chaque secteur, des « fractions » qui se réunissent régulièrement, afin de définir la tactique à suivre et « entretenir la flamme ».

La défense de la famille

Les exemples abondent. La mobilisation qui s’est produite au cours de l’année 2012-2013 démontre la sensibilité d’un large public à la préservation de principes d’existence issus tout simplement de la loi naturelle.
Pour donner toute son efficacité au mouvement contre le « mariage pour tous », les objectifs ont besoin d’être clarifiés. Ainsi c’est une erreur politique de vouloir orienter le mouvement vers un « printemps français » car c’est laisser croire que le mouvement pourrait croître jusqu’à envahir toutes les sphères de la société. Le changement politique que suppose un tel slogan nécessite, bien entendu, d’autres mobilisations, sur d’autres terrains que celui de la défense de la famille.
En ce qui concerne La Manif Pour Tous (LMPT), la seule manière pour éviter que le mouvement n’éclate en de multiples composantes est de rester dans la logique du « cartel d’organisations » qui fut celle de la création du mouvement en septembre 2012. Cela implique qu’il faut se battre pour que, localement, le mouvement soit structuré sous forme de collectifs ayant chacun sa propre autonomie de fonctionnement et regroupant toutes les tendances.
En résumé, il faut que les militants légitimistes s’impliquent dans LMPT avec deux objectifs :
animer les collectifs locaux (organiser des réunions publiques, des tractages, des campagnes d’affichage, faire élire un bureau, etc.) et y débattre du bon mot d’ordre sur lequel unifier le mouvement ;
faire adopter au sommet un mot d’ordre unique qui serve d’objectif de combat qu’il ne faudra pas lâcher tant qu’on n’a pas la victoire. Le mot d’ordre qui semble le plus approprié est : « abrogation de la loi Taubira »C’est ainsi – en redynamisant LMPT sous la forme d’un cartel d’organisations – que nous pourrons obliger CIVITAS à réintégrer LMPT, dont ce mouvement faisait partie au départ. En effet CIVITAS n’est pas une organisation politique, son objectif étant de créer un lobby chrétien. Il faut donc dire à CIVITAS :
en ce qui concerne le combat pour la défense de la famille, tu intègres LMPT pour nous battre ensemble sur un objectif commun choisi démocratiquement ; si tu refuses, nous te dénoncerons comme diviseur.
Tu organises le combat spécifique à CIVITAS comme tu l’entends sur d’autres terrains que celui choisi par LMPT.

L’école

L’école est le berceau de l’idéologie républicaine. Or il se trouve que ce moyen d’instruire les enfants et les jeunes est contre-productif : il n’apprend pas aux élèves à raisonner par eux-mêmes. Au contraire, il fait tout pour qu’ils deviennent des adultes peu instruits et très manipulables. De plus, l’école républicaine prétend, comme les événements récents le démontrent, inoculer aux enfants une idéologie immorale.
Ceci représente un atout très fort en notre faveur puisque n’importe quel parent ayant encore une autonomie de jugement s’en rend compte et est donc favorable à toute démarche qui tendrait à rendre à l’école son efficacité. Nous pouvons donc, par une agitation habile, entraîner 80% des parents à se mobiliser pour l’école libre (avec formule de chèque scolaire à l’appui).
De même, il ne s’agit pas de mettre en concurrence les mots d’ordre de refus de la PMA et de dénonciation de la diffusion de la loi du genre dans les écoles. Le premier est en effet un mot d’ordre qui est peut-être celui qui unira les luttes sur le terrain de la famille, tandis que le second est du domaine des luttes pour une autre école. D’ailleurs, ces deux objectifs correspondent à des groupes humains et des organisations différents, même s’il y a une partie commune. Il faut donc qu’ils soient mobilisés distinctement.
Ainsi ce fut une erreur politique de Farida Belghoul de contacter LMPT en vue d’une action commune. C’est une autre erreur de sa part d’avoir créé la FAPEC, une organisation de parents d’élèves de plus. D’autant plus qu’elle met la charrue avant les bœufs : elle privilégie le moyen sur la fin. Il faut au contraire prendre des contacts larges, y compris avec le milieu enseignant, pour choisir un axe de bataille, et ensuite créer l’organisation appropriée, qui sera de préférence un cartel d’organisations. Farida Belghoul n’a certainement pas effectué le bilan des actions de SOS-Education, sinon elle s’y serait prise autrement.
L’enjeu est de taille : on l’a vu en 1984, lorsque plus d’un million de parents sont descendus dans la rue. Cette fois-là, le camp républicain avait réussi, avec l’appui de l’évêché catholique, à enterrer le mouvement.
Si nous expliquons que l’école libre doit se traduire par une double autonomie des écoles : sur le plan du recrutement des enseignants et sur le plan pédagogique, beaucoup d’enseignants seront de notre côté.
Quant aux organisations dans lesquelles l’agitation doit être menée, une réflexion est nécessaire. Plusieurs voies sont possibles :
l’association de parents d’élèves : l’inconvénient est qu’elles sont peu fréquentées, parce que les parents sont trop occupés et aussi parce qu’ils craignent que l’hostilité des enseignants se reporte sur leurs enfants ;
SOS-Education : trop exclusivement focalisée sur le redressement de l’école républicaine ; de plus les adhérents sont plus souvent les grands-parents que les parents.
Un comité ad hoc : c’est sans doute la meilleure voie ; il faut le créer de toutes pièces, sous forme d’un cartel d’organisations en proposant à la FAPEC de s’y intégrer. Celui-ci aura pour objectif ultime l’instauration de « l’école libre » (suppression de toute différence entre écoles publiques et écoles privées par la mise en place du chèque scolaire, autonomie de gestion notamment par la liberté pour les chefs d’établissement de recruter les enseignants selon leur choix et autonomie pédagogique des établissements).

L’économie

Deux axes de pénétration de la société doivent être envisagés : les entreprises publiques et privées d’une part, l’agriculture d’autre part.
En ce qui concerne le monde des entreprises, on a vu, en 2005, à l’occasion du référendum relatif au projet constitutionnel, que toute la base CGT s’est opposée à son secrétaire général, Bernard Thibault, lequel s’est trouvé bien isolé pour défendre l’Europe de Maastricht. Nous pouvons en conclure qu’une agitation dénonçant la mondialisation peut facilement recueillir l’adhésion de toute la base des principales organisations syndicales. Le fait que seulement 5% des salariés soient syndiqués n’a pas d’importance : lorsque les syndicats s’expriment, la plupart des salariés suivent. L’objectif est que les royalistes prennent le pouvoir au sein des grandes organisations syndicales afin que celles-ci cessent d’ignorer la mondialisation et défendent le bien commun. Ceci peut se préparer en organisant partout des fractions syndicales, discrètement bien entendu.
Rappelons au passage la définition de la mondialisation : c’est la libre circulation des biens et des services, des hommes, des capitaux et de l’information. Seule cette dernière, l’information, circule librement en conséquence d’une évolution technique. Toutes les autres libertés de circulation résultent non d’un environnement technique mais de décisions politiques. C’est pourquoi ce qui a été fait peut être défait.
Cependant le mot d’ordre à avancer pour établir un clivage reste à trouver. Le slogan « non à la mondialisation » est peut-être trop conceptuel. Il faudra sans doute en trouver un autre, mais la démarche reste la même.
Quant à l’agriculture, la tendance générale est à la diminution régulière du prix payé aux paysans, et  pas seulement aux éleveurs bovins, et une augmentation tout aussi régulière des prix à la consommation.
Faisons un peu de systémique. Nous avons affaire à un processus de fourniture de produits agricoles au consommateur qui comporte – si l’on ne tient pas compte des fournisseurs d’intrants aux agriculteurs, tels que les engrais, les pesticides et l’énergie – deux acteurs : l’exploitant agricole et la grande distribution.
Si l’on se trouvait dans l’industrie, il y a bien longtemps que l’un aurait intégré l’autre. Par exemple, à de rares exceptions près, ce sont les constructeurs automobiles qui maîtrisent la commercialisation de leur production, même si les concessionnaires sont des structures financièrement indépendantes. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans le monde agricole ?
Le tout est de savoir lequel doit absorber l’autre. La grande distribution n’a pas besoin d’absorber la production agricole, car tout se passe comme si c’était déjà fait. De fait, nous sommes dans une situation semblable aux kolkhozes soviétiques, où les paysans étaient réduits à l’état d’ouvriers agricoles. La situation en France n’en est pas très éloignée. Inutile de préciser que cette situation d’exploitation ne peut plus durer.
C’est la grande distribution qui doit être pilotée par les paysans et non le contraire. La grande distribution vend, pour simplifier, deux catégories de produits : les produits alimentaires livrés directement par les paysans et le reste. La suite du raisonnement ne prend en considération que la première catégorie de produits.
L’intérêt du monde paysan est que cette partie de la grande distribution soit totalement sous leur contrôle. Certes, au fil du temps, les agriculteurs ont été amenés à créer des coopératives qui, en partie, assurent elles-mêmes la commercialisation. Mais le rôle primordial joué par la grande distribution prouve que la majeure partie de leur production est sous la coupe de celle-ci. C’est donc que le mouvement coopératif n’a pas été assez loin.
Ce qu’il faut, c’est que les paysans s’approprient la partie de la grande distribution qui les concerne. Cela ne pourra se faire que dans un rapport de forces approprié, comme ont commencé à le faire les « bonnets rouges » bretons. Il faut donc que tous les paysans français se mobilisent pour établir : « La grande distribution aux mains des paysans ».

Le combat contre le mondialisme

Il est plus que temps de créer une structure de combat contre le mondialisme dans laquelle pourraient se retrouver les diverses familles politiques concernées. Elle serait animée par un cartel d’organisations dont pourraient faire partie toute organisation qui se reconnaît dans la plateforme ci-dessous ainsi que toute personne non reliée à une organisation d’accord avec la plate-forme. Bien sûr, en dehors de cet objectif commun, les organisations composantes conservent entièrement leur liberté d’action.
C’est un besoin à la fois du fait de la situation économique mondiale qui ne cesse de se dégrader et aussi parce que la division politique des organisations opposées au mondialisme ne doit pas empêcher l’action commune.
La proposition consiste à créer partout en France des « comités d’action contre le mondialisme » qui se regrouperont au sein d’une organisation nationale. L’objectif des comités d’action est de construire et structurer la mobilisation qui ne manquera pas de se produire face aux politiques d’austérité que le mondialisme veut imposer à la France comme il est en train de l’imposer à la Grèce, au Portugal, à l’Italie, à l’Espagne et bientôt à la France.
Cette construction d’un collectif antimondialiste nécessitera sans doute de passer par des étapes intermédiaires. Par exemple, suite à la décapitation d’un chef d’entreprise par un islamiste en Isère, le collectif Quimper Résistance, né pour s’opposer à la construction d’une mosquée liée au parti islamiste turc AKP, a appelé à un rassemblement devant la cathédrale de Quimper. Le parti nationaliste breton ADSAV ! ainsi que l’organisation Résistance Républicaine ont annoncé leur participation. Les royalistes doivent participer à de tels collectifs, en les orientant progressivement vers le combat antimondialiste.